« The Great », « Dickinson » : comment les séries donnent un twist moderne à l’histoire

Le scénariste oscarisé de La Favorite est de retour pour raconter l’ascension de la Grande Catherine, impératrice de Russie dans The Great. Cette mini-série disponible sur Starzplay, s’inscrit dans une nouvelle tendance qui mélange histoire, modernité et absurdité. 

Quel meilleur accueil à la cour de Russie que d’avoir sa virginité vérifiée – d’une manière très inconfortable – par l’archevêque du Palais ? Allongée sur son lit, les jambes écartées, ce n’est pas l’image que la jeune Catherine se faisait de son mariage avec le tsar Pierre III. Pourtant, ne l’attendent que grossièreté, absurdité et trahisons. 

Les premiers pas de la Grande Catherine 

The Great suit l’ascension de Catherine II, la grande Catherine, dans les mois qui précèdent son arrivée sur le trône de Russie. Elle sera impératrice de 1762 à 1796. À son arrivée à la cour, Catherine (Elle Fanning) est une jeune femme de 15 ans, naïve et rêvant d’un beau mariage comme dans les contes de fée. Seulement, son mari, Pierre III (Nicholas Hoult) n’a rien d’un prince charmant mais ressemble plus à un sale gosse égocentrique. Parmi ses passe-temps favoris : boire, torturer ses sujets ou encore coucher avec la femme de son meilleur ami. 

Catherine trouve une Russie où le siècle des Lumières n’a pas fait de différence, un peuple montré comme stupide et une aristocratie qui s’inquiète plus de la prochaine soirée que du sort des campagnes. Mais Catherine le sait, son destin est plus grand que Pierre. C’est à elle que revient la tâche d’élever intellectuellement, socialement et même économiquement la Russie. Dans les 10 épisodes de 60 minutes s’enchaînent recherche d’alliés et préparation de coup d’état. 

The Great est à l’origine une pièce de théâtre écrite en 2008 par Tony McNamara, le co-scénariste oscarisé derrière La Favorite de Yorgos Lanthimos. Le film suit la rivalité entre une noble déclassée, Abigail Hill (Emma Stone) et Lady Sarah (Rachel Weisz) pour le coeur – et le pouvoir – de la Reine Anne d’Angleterre (Olivia Colman). Les similitudes entre La Favorite et The Great sont nombreuses : des animaux qui se baladent librement dans le palais, des servantes pas toujours à leur place et les mots « fuck » et « cunt » utilisés comme virgules. 

Une histoire partiellement vraie 

Il ne faut pas attendre de The Great une exactitude historique, dès son générique la série précise que c’est une histoire « occasionnellement vraie ». Pierre III présenté comme le fils de Pierre le Grand n’est en réalité que son petit-fils et son mariage avec Catherine a lieu avant qu’il ne devienne tsar. Les libertés prisent avec l’histoire permettent d’avoir un casting plus divers que l’époque ne pourrait le permettre. 

© Hulu

Car là est tout l’intérêt de The Great : toucher un public jeune en donnant à voir une version décalée de l’histoire, à la limite de la farce. Une touche d’humour qui se retrouve dans la torture aussi grotesque que gratuite et des situations complètement absurdes. Cela permet aussi de raconter le passé en y projetant des anxiétés modernes comme dans cette scène entre Catherine et sa servante Marial (Phoebe Fox). « – Comment était ta soirée ? – J’ai échappé à un viol. Toi ? – Pareil. » 

The Great n’est pas la première série à faire le pari d’une version plus moderne de grandes figures de l’histoire. En novembre, lors de sa sortie, la plateforme Apple TV avait déjà fait sensation avec la comédie pop Dickinson où des adolescents de l’époque victorienne twerkent sur du Lizzo. 

Dickinson, poétesse et adolescente rebelle 

La série raconte la vie de la poétesse Emily Dickinson (Hailee Steinfeld) née en 1830 au Massachusetts (États-Unis). Si la mère d’Emily – jouée par l’incroyable Jane Krakowski – ne cherche qu’à la marier, l’adolescente se sait destinée à une vie grandiose. Elle refuse les conventions de l’époque, déteste les tâches ménagères et préfère passer sa journée à écrire des poèmes. Une féministe pure et dure qui est aussi amoureuse de sa meilleure amie Sue Gilbert (Ella Hunt). 

Dickinson dépoussière la vie de la poétesse pour lui donner un twist définitivement moderne et féministe. Les tubes du moment s’enchainent : Billie Eillish, Mitski, A$AP Rocky… Emily fait des fêtes quand ses parents lui laissent la maison, prend de l’opium, danse sur du hip hop telle une adolescente moderne. Cette attitude rebelle lui permet de pimenter son existence morne entre écriture de poèmes et rêves où la mort prend les traits de Wiz Khalifa. 

Ces juxtapositions permettent à Dickinson de faire des parallèles entre l’avant-Guerre de Sécession et les problèmes contemporains. Avec une Emily Dickinson féministe et on ne peut plus adolescente, le public millénial peut facilement s’identifier. 

Entre The Great et Dickinson, cette nouvelle tendance de raconter l’histoire avec un twist plus moderne et absurde semble porter ses fruits pour les séries. Apple TV a déjà prévu une deuxième saison pour Dickinson

The Great, saison 1, disponible sur Starzplay (le 18 juin).  

Dickinson, saison 1, disponible sur Apple TV. 

Marine Langlois

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