« The Eddy » : une enquête policière rythmée par le jazz

Le réalisateur oscarisé Damien Chazelle (Whiplash, La La Land, First Man), se lance dans la production de série, sur Netflix. Il nous transporte dans un Paris sans clichés, au coeur d’une enquête policière, rythmée par le jazz. La série met en scène un casting 5 étoiles avec, entre autres, Leïla Bekhti, Tahar Rahim, Andre Holland, Amandla Stenberg ou encore Benjamin Biolay. 

Dès le premier épisode, le décor est planté : un club de jazz parisien rencontre des difficultés financières, il n’est plus bondé comme à ces heures de gloire. Très vite, on comprend que Farid (Tahar Rahim), l’un des propriétaires, est impliqué dans une affaire douteuse. Son ami et associé, Elliot Udo (Andre Holland), autrefois célèbre pianiste de jazz new-yorkais, va tenter de maintenir le club ouvert tout en s’occupant de sa fille Julie (Amandla Stenberg), tout juste arrivée de New York.

Plans séquences, travellings, caméras épaule, lumières et jazz, pas de doute, The Eddy est bien signée Damien Chazelle. Sa façon de filmer les musiciens dans Whiplash ou dans La La Land se retrouve dans la série : des gros plans sur les mains d’un pianiste à la lumière des projecteurs de la scène, telle une aura au-dessus des musiciens, en passant par une ouverture en plan séquence, comme dans La La Land. Tous les ingrédients sont là. 
Les plans sont maîtrisés et nous donnent l’impression d’être devant un film et non une série. Pourtant, même si on retrouve l’univers du jazz cher à Chazelle, la série est plus sombre que ses précédents films.

Tahar Rahim (Farid) dans la mini série Netflix The Eddy.

La série est écrite par Jack Thorne (Skins) et l’excellente bande son est signée Glen Ballard, le collaborateur d’Elton John et Alanis Morissette. Damien Chazelle est impliqué dans le projet depuis 2014. Il produit la série et réalise les deux premiers épisodes, ce qui lui permet de poser son style cinématographique à la série. Un style qui se perd légèrement avec les trois autres réalisateurs, sans pour autant créer de changement radical avec les épisodes réalisés par Chazelle. Les travellings, les plans séquences ou les caméras épaule sont encore là, mais la façon de filmer n’est pas totalement identique.

The Eddy est une série réalisée à huit mains. Tous les deux épisodes, c’est un nouveau réalisateur qui dirige : deux hommes (Damien Chazelle épisodes 1 et 2, et Alan Poul épisodes 7 et 8), deux femmes (Houda Benyamina épisodes 3 et 4, et Laïla Marrakchi épisodes 5 et 6). Ils filment la musique et mettent un scène les liens familiaux, ceux du sang et ceux que l’on se crée. 

Un Paris plus réel

Chaque épisode se concentre sur un personnage, sans laisser de côté l’intrigue principale. Cette succession de portraits permet de montrer un Paris sans cliché, souvent présents dans les films des réalisateurs étrangers. On passe des rues parisiennes, loin des endroits touristiques, aux banlieues alentours. Les réalisateurs mettent en scène la diversité : dans The Eddy, on parle français, anglais, arabe ou encore russe. 

L’épisode 3, réalisé par Houda Benyamina (Divines), est poignant et unique. La cinéaste traite de la mort différemment et met en scène un rite musulman, alors qu’on n’en voit peu sur nos écrans. Cet épisode est centré sur le personnage interprété par Leïla Bekhti, Amira. L’actrice livre une performance incroyable et y est bouleversante. 

Margot Douétil

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