Les sorcières à l’assaut d’Hollywood

« Miroir mon beau miroir, dis moi qui est la plus belle ? » L’année est 1937, Disney vient de sortir le film d’animation Blanche-Neige et les Sept Nains. Avec le personnage de la Reine, une femme séduisante et puissante, une révolution dans la représentation des sorcières à l’écran commence.

Dans le documentaire Les sorcières à Hollywood, Sophie Peyrard explore la représentation de la sorcière au cinéma mais également dans les séries. Ce que la réalisatrice pointe du doigt, grâce à des interventions d’expertes, est la relation entre ce qui est montré sur nos écrans et les tendances politiques et sociales aux États-Unis. La société et la culture, comme souvent, sont étroitement liées et les représentations de la sorcière reflètent celles de la femme. 

Présentes depuis le Moyen Âge

La sorcière comme figure emblématique de féminité transgressive est arrivée bien avant Hollywood ou l’invention du cinéma au 19ème siècle. Elle était présente dans les histoires bibliques ou encore les pièces de William Shakespeare comme Macbeth. 

Sa naissance juridique date de 1486 avec le Malleus Maleficarum, un manuel pour combattre le démon. À l’époque, il est reconnu que les femmes sont plus enclines à être sorcières, considérées comme plus faibles et donc pouvant facilement céder à la tentation du diable. Commencent alors les fameuses chasses aux sorcières qui feront des milliers de morts. 

Au cinéma, la sorcière fait rapidement son apparition que cela soit dans les films muets ou les cartoons comme Betty Boop. Des personnages mythiques voient ensuite le jour. En 1939, avec son nez crochu, sa peau verte et son chapeau noir, Magaret Hamilton cumule tous les attributs traditionnels de la sorcière en tant que méchante de l’Ouest dans Le Magicien d’Oz. Une prestation qui marquera les esprits. 

De la femme au foyer à l’émancipation

Puis vient la deuxième guerre mondiale, les femmes doivent commencer à travailler. Mais dans l’après guerre, la société veut les cantonner à la sphère familiale, pas question de prendre trop d’indépendance. En 1958, dans L’adorable voisine de Richard Quine, Kim Novak renonce à ses pouvoirs, sa « nature transgressive », pour l’amour de James Stewart. Ici l’indépendance et la puissance sont échangées contre un rôle de femme au foyer : Kim Novak fait ce que la société attend d’elle.  

La fin des années 60 change la donne avec le développement des mouvements féministes aux États-Unis comme le W.I.T.C.H (Women’s International Terrorist Conspiracy from Hell) qui se réapproprie la figure de la sorcière. Puis vient la légalisation de la pilule et l’avortement. La sorcière devient alors un personnage érotique et terrifiant. 


Charmed, photo promo (1998 – saison 1) © The WB

Il faut attendre la fin des années 90 et les années 2000 pour que la sorcière, surtout celle adolescente, devienne cool. The Craft, Sabrina l’Apprentie sorcière, Charmed, Buffy contre les vampires : apparaissent alors des personnages afro-américains et queer. Puis en 2001, une figure intelligente avec Hermione Granger dans la saga Harry Potter

Autrefois tentatrice satanique, vieille femme, la sorcière est devenue une icône pour les mouvements féministes. Pour l’autrice Pam Grossman : « On a pris ce personnage qui était lié à la honte féminine pour en faire un personnage complexe. » La sorcière et ses multiples facettes semble représenter la diversité de l’expérience féminine comme l’explique si bien ce documentaire. 

Les sorcières à Hollywood, Sophie Peyrard, disponible sur OCS.

Marine Langlois

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